jeudi 26 mars 2009

Brief Discour

Sur les traces de Champlain

Une fête, un lieu, un tout, imbriqué au fleuve, à la mer.
Un choix, incompréhensible, oublier l’histoire et laisser passer un des thèmes des plus rassembleurs de notre courtepointe culturel :
le patrimoine maritime

Un héritage qui pourtant est une composante essentielle de notre patrimoine matériel et immatériel, un patrimoine vivant, s’inscrivant à merveille dans nos paysages, gravé dans nos collectivités, dans notre chaire, le chemin de la mémoire.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun

Le chemin qui marche : Celui des nations amérindiennes et Inuits utilisant le réseau hydrographique et la richesse halieutique pour occuper et vivre sur cet immense territoire, grâce à l’ingéniosité de leur batellerie :
canots d’écorce, kayak, umiak, rabaska…
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun

Celui d’une colonie française qui s’ancre sur les rives d’un des plus grands fleuves des Amérique, qui utilise son génie maritime pour s’installer et conquérir ce territoire en forgeant des alliances avec les premières nations et en bâtissant des navires pour son Roy.
Elle les adapte à son commerce régional pour en faire nos goélettes.
En fondant la première école d’hydrographie en Amérique du Nord en 1671, les navigateurs français essayent de dompter ce fleuve avec des précurseurs comme :
Abraham Martin, premier pilote, Testu de la Richardière, maître de port, Louis Jolliet, hydrographe

Sous la garde de troupes au nom évocateur :
Les compagnies Franches de la Marines.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun

Tous utilisent des embarcations nées de leur génie. Elles sont l’unique moyen de pénétration et d’exploitation de ce territoire.
Des courses, des victoires, des défaites, la joute nautique.
Des noms qui ont encore des résonances profondes.
Jacques Cartier, Dugas de Monts, Champlain, Brulé, Radisson, Des Groseilliers, Maisonneuve, de Beauchêne, d’Iberville, Bougainville, Faucher de Saint Maurice, Elzéar Bernier.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun

Une science, au service des marins, des pêcheurs, des coureurs des bois, des corsaires, des pirates, des conteurs, des écrivains, des cinéastes.
Merci à tous ces constructeurs, artisans exceptionnels de chez nous :
Les Audet, Mailloux, Tremblay, Dussault, etc.


Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun

Celui d’une colonie britannique dont la première loi constituante est le droit maritime. Aussi pour et par la mer,
Kirke, Phips, Wolfe, Cook, Nelson, tous ont vu et marqué Québec.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun

Celui d’un pays avec des bâtisseurs de génie, des navigateurs intrépides :
Cunard, Mckay, Slocum, Molson, Kalachnikof, Yves Gélinas, Gerry Roufs, Mike Birch.

Des lieux aux goûts d’embruns :
Hâvre-Saint-Pierre, Îlses de la Madeleine, Anticosti, Percé, Gaspé, Tadoussac, Kamouraska, l’Îslet, Grosse-île, Québec.

Des navires, des centaines de navires, des milliers de navires nés à Québec.
Navires que l’on retrouve dans le monde entier, sur les routes de la Chine, de l’Australie, de l’Amérique. Nous avons construit une part importante de la flotte d’un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais.

Réalisation et savoir faire des Amérindiens, des Canadiens-français, de l’entrepreneurship écossais et britannique, de la vaillance irlandaise.

Des navires : du Alfred en 1787, en passant par le Jeannie Johnston, l’Asia, l’Africa, l’Australia, l’Exodus, la Canadienne, Pied de Nez, Indian Chef, Confederation, au Mariposa en 1896.

On peut citer plus de 2500 noms de navires de plus de 100 tonneaux, plus une batellerie domestique de la pêche au trader, la plus grande concentration de chantiers maritimes du monde en 1840 : Québec

Puis, RIEN, alors qu’il y a là le plus beau trait d’union de nos collectivités.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun

«Pour la suite du monde»,
comme a dit un certain Perrault…

L’histoire de notre réussite, de notre commerce, le levier de notre développement, la présence actuelle de compagnies ancrée dans nos ports.
Enlever le patrimoine maritime c’est oublier pourquoi et comment nous sommes là

C’est oublier pourquoi sont là les Desgagnés, Fednav, Océans, Davie, Arrimages Saint Laurent, Verreault, Corporation des Pilotes, Corporation du port, etc..


400 d’oubli, d’amnésie :
La peur de faire fleurir une fleur de lys…

il y a un après 400e.

Tout est là, il nous faut juste la fierté d’un :
Je me souviens.
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André Malraux a dit :
Le Musée transforme l’Œuvre en objet.
J’ajoute :
Le Patrimoine vivant, redonne vie à l’Œuvre.

Faisons vivre notre patrimoine maritime, utilisons cet héritage, faisons naviguer la goélette Grosse-Île, réhabilitons nos quais, occupons cet espace, le Saint-Laurent,
Le patrimoine maritime, un acquis oublié, mais commun à tous.