jeudi 7 janvier 2010
Un musée détruit deux gaspésienne originales
Nous avons encore perdue, en 2009, 2 navires du patrimoines maritime du Québec, deux gaspésiennes confiées au musée du banc de Paspébiac, il est pour le moins singulier qu'un musée destiné au pêche, à la gloire d'une dynastie familiale qui a fait son succès et sa fortune avec la pêche, la construction navale le commerce maritime. Que ce musée détruise deux palangriers, chacune représentative de version différente de ce modèle soit les Gaspésiennes avec timonerie à l'avant ou à l'arrière, elle furent construites à la petite Davie à Lévis. Auquel on a remis quelques vestiges de ces deux dernière gaspésiennes authentiquesw, brutalement transformées en artéfac par la barbarie de gestionnaiure sans culture. Avec une nouvelle fois la complicité du MCCCF. On se croirait sous un régime taliban quant à la destruction de notre patrimoine naval.
jeudi 26 mars 2009
Brief Discour
Sur les traces de Champlain
Une fête, un lieu, un tout, imbriqué au fleuve, à la mer.
Un choix, incompréhensible, oublier l’histoire et laisser passer un des thèmes des plus rassembleurs de notre courtepointe culturel :
le patrimoine maritime
Un héritage qui pourtant est une composante essentielle de notre patrimoine matériel et immatériel, un patrimoine vivant, s’inscrivant à merveille dans nos paysages, gravé dans nos collectivités, dans notre chaire, le chemin de la mémoire.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun
Le chemin qui marche : Celui des nations amérindiennes et Inuits utilisant le réseau hydrographique et la richesse halieutique pour occuper et vivre sur cet immense territoire, grâce à l’ingéniosité de leur batellerie :
canots d’écorce, kayak, umiak, rabaska…
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun
Celui d’une colonie française qui s’ancre sur les rives d’un des plus grands fleuves des Amérique, qui utilise son génie maritime pour s’installer et conquérir ce territoire en forgeant des alliances avec les premières nations et en bâtissant des navires pour son Roy.
Elle les adapte à son commerce régional pour en faire nos goélettes.
En fondant la première école d’hydrographie en Amérique du Nord en 1671, les navigateurs français essayent de dompter ce fleuve avec des précurseurs comme :
Abraham Martin, premier pilote, Testu de la Richardière, maître de port, Louis Jolliet, hydrographe
Sous la garde de troupes au nom évocateur :
Les compagnies Franches de la Marines.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun
Tous utilisent des embarcations nées de leur génie. Elles sont l’unique moyen de pénétration et d’exploitation de ce territoire.
Des courses, des victoires, des défaites, la joute nautique.
Des noms qui ont encore des résonances profondes.
Jacques Cartier, Dugas de Monts, Champlain, Brulé, Radisson, Des Groseilliers, Maisonneuve, de Beauchêne, d’Iberville, Bougainville, Faucher de Saint Maurice, Elzéar Bernier.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun
Une science, au service des marins, des pêcheurs, des coureurs des bois, des corsaires, des pirates, des conteurs, des écrivains, des cinéastes.
Merci à tous ces constructeurs, artisans exceptionnels de chez nous :
Les Audet, Mailloux, Tremblay, Dussault, etc.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun
Celui d’une colonie britannique dont la première loi constituante est le droit maritime. Aussi pour et par la mer,
Kirke, Phips, Wolfe, Cook, Nelson, tous ont vu et marqué Québec.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun
Celui d’un pays avec des bâtisseurs de génie, des navigateurs intrépides :
Cunard, Mckay, Slocum, Molson, Kalachnikof, Yves Gélinas, Gerry Roufs, Mike Birch.
Des lieux aux goûts d’embruns :
Hâvre-Saint-Pierre, Îlses de la Madeleine, Anticosti, Percé, Gaspé, Tadoussac, Kamouraska, l’Îslet, Grosse-île, Québec.
Des navires, des centaines de navires, des milliers de navires nés à Québec.
Navires que l’on retrouve dans le monde entier, sur les routes de la Chine, de l’Australie, de l’Amérique. Nous avons construit une part importante de la flotte d’un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais.
Réalisation et savoir faire des Amérindiens, des Canadiens-français, de l’entrepreneurship écossais et britannique, de la vaillance irlandaise.
Des navires : du Alfred en 1787, en passant par le Jeannie Johnston, l’Asia, l’Africa, l’Australia, l’Exodus, la Canadienne, Pied de Nez, Indian Chef, Confederation, au Mariposa en 1896.
On peut citer plus de 2500 noms de navires de plus de 100 tonneaux, plus une batellerie domestique de la pêche au trader, la plus grande concentration de chantiers maritimes du monde en 1840 : Québec
Puis, RIEN, alors qu’il y a là le plus beau trait d’union de nos collectivités.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun
«Pour la suite du monde»,
comme a dit un certain Perrault…
L’histoire de notre réussite, de notre commerce, le levier de notre développement, la présence actuelle de compagnies ancrée dans nos ports.
Enlever le patrimoine maritime c’est oublier pourquoi et comment nous sommes là
C’est oublier pourquoi sont là les Desgagnés, Fednav, Océans, Davie, Arrimages Saint Laurent, Verreault, Corporation des Pilotes, Corporation du port, etc..
400 d’oubli, d’amnésie :
La peur de faire fleurir une fleur de lys…
il y a un après 400e.
Tout est là, il nous faut juste la fierté d’un :
Je me souviens.
_____________________________
André Malraux a dit :
Le Musée transforme l’Œuvre en objet.
J’ajoute :
Le Patrimoine vivant, redonne vie à l’Œuvre.
Faisons vivre notre patrimoine maritime, utilisons cet héritage, faisons naviguer la goélette Grosse-Île, réhabilitons nos quais, occupons cet espace, le Saint-Laurent,
Le patrimoine maritime, un acquis oublié, mais commun à tous.
Une fête, un lieu, un tout, imbriqué au fleuve, à la mer.
Un choix, incompréhensible, oublier l’histoire et laisser passer un des thèmes des plus rassembleurs de notre courtepointe culturel :
le patrimoine maritime
Un héritage qui pourtant est une composante essentielle de notre patrimoine matériel et immatériel, un patrimoine vivant, s’inscrivant à merveille dans nos paysages, gravé dans nos collectivités, dans notre chaire, le chemin de la mémoire.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun
Le chemin qui marche : Celui des nations amérindiennes et Inuits utilisant le réseau hydrographique et la richesse halieutique pour occuper et vivre sur cet immense territoire, grâce à l’ingéniosité de leur batellerie :
canots d’écorce, kayak, umiak, rabaska…
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun
Celui d’une colonie française qui s’ancre sur les rives d’un des plus grands fleuves des Amérique, qui utilise son génie maritime pour s’installer et conquérir ce territoire en forgeant des alliances avec les premières nations et en bâtissant des navires pour son Roy.
Elle les adapte à son commerce régional pour en faire nos goélettes.
En fondant la première école d’hydrographie en Amérique du Nord en 1671, les navigateurs français essayent de dompter ce fleuve avec des précurseurs comme :
Abraham Martin, premier pilote, Testu de la Richardière, maître de port, Louis Jolliet, hydrographe
Sous la garde de troupes au nom évocateur :
Les compagnies Franches de la Marines.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun
Tous utilisent des embarcations nées de leur génie. Elles sont l’unique moyen de pénétration et d’exploitation de ce territoire.
Des courses, des victoires, des défaites, la joute nautique.
Des noms qui ont encore des résonances profondes.
Jacques Cartier, Dugas de Monts, Champlain, Brulé, Radisson, Des Groseilliers, Maisonneuve, de Beauchêne, d’Iberville, Bougainville, Faucher de Saint Maurice, Elzéar Bernier.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun
Une science, au service des marins, des pêcheurs, des coureurs des bois, des corsaires, des pirates, des conteurs, des écrivains, des cinéastes.
Merci à tous ces constructeurs, artisans exceptionnels de chez nous :
Les Audet, Mailloux, Tremblay, Dussault, etc.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun
Celui d’une colonie britannique dont la première loi constituante est le droit maritime. Aussi pour et par la mer,
Kirke, Phips, Wolfe, Cook, Nelson, tous ont vu et marqué Québec.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun
Celui d’un pays avec des bâtisseurs de génie, des navigateurs intrépides :
Cunard, Mckay, Slocum, Molson, Kalachnikof, Yves Gélinas, Gerry Roufs, Mike Birch.
Des lieux aux goûts d’embruns :
Hâvre-Saint-Pierre, Îlses de la Madeleine, Anticosti, Percé, Gaspé, Tadoussac, Kamouraska, l’Îslet, Grosse-île, Québec.
Des navires, des centaines de navires, des milliers de navires nés à Québec.
Navires que l’on retrouve dans le monde entier, sur les routes de la Chine, de l’Australie, de l’Amérique. Nous avons construit une part importante de la flotte d’un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais.
Réalisation et savoir faire des Amérindiens, des Canadiens-français, de l’entrepreneurship écossais et britannique, de la vaillance irlandaise.
Des navires : du Alfred en 1787, en passant par le Jeannie Johnston, l’Asia, l’Africa, l’Australia, l’Exodus, la Canadienne, Pied de Nez, Indian Chef, Confederation, au Mariposa en 1896.
On peut citer plus de 2500 noms de navires de plus de 100 tonneaux, plus une batellerie domestique de la pêche au trader, la plus grande concentration de chantiers maritimes du monde en 1840 : Québec
Puis, RIEN, alors qu’il y a là le plus beau trait d’union de nos collectivités.
Un patrimoine qui pourtant nous est tous commun
«Pour la suite du monde»,
comme a dit un certain Perrault…
L’histoire de notre réussite, de notre commerce, le levier de notre développement, la présence actuelle de compagnies ancrée dans nos ports.
Enlever le patrimoine maritime c’est oublier pourquoi et comment nous sommes là
C’est oublier pourquoi sont là les Desgagnés, Fednav, Océans, Davie, Arrimages Saint Laurent, Verreault, Corporation des Pilotes, Corporation du port, etc..
400 d’oubli, d’amnésie :
La peur de faire fleurir une fleur de lys…
il y a un après 400e.
Tout est là, il nous faut juste la fierté d’un :
Je me souviens.
_____________________________
André Malraux a dit :
Le Musée transforme l’Œuvre en objet.
J’ajoute :
Le Patrimoine vivant, redonne vie à l’Œuvre.
Faisons vivre notre patrimoine maritime, utilisons cet héritage, faisons naviguer la goélette Grosse-Île, réhabilitons nos quais, occupons cet espace, le Saint-Laurent,
Le patrimoine maritime, un acquis oublié, mais commun à tous.
jeudi 6 mars 2008
POUR COMMÉMORER NOS ORIGINES
Deux trois-mâts québécois, le Fantôme et l’Invisible, sont conviés au 400e
Par Didier Épars
Cosignataires :
Anne Guérette, architecte et présidente-fondatrice de Coalition Héritage Québec
Yvon Beaulieu, capitaine, ex-capitaine de la Marie-Clarisse
Luc Archambault, peintre, sculpteur et céramiste
Anne-Marie Berthiaume, graphiste
Après avoir engendré la plus grande concentration de chantiers navals au monde, Québec accueillera en 2008 deux trois-mâts construits dans le plus grand secret et à même nos impôts, le Fantôme et l’Invisible. Mais au risque de décevoir ceux qui voudraient voir ces grands voiliers, ils n’existent pas.
Les gouvernements québécois et canadien ont dépensé plus de 25 M$ en 25 ans au Québec dans des projets de construction ou de réfection de bateaux, soit plus que la valeur de ces deux trois-mâts, sans livrer un seul navire aux Québécois sur lequel ils puissent embarquer, naviguer ou courser lors des célébrations du 400e. On est loin des accomplissements de nos ancêtres, parmi les plus importants constructeurs de navires au monde au 19e siècle !
Les gouvernements ont englouti l’équivalent de deux Jeanie Johnston, un trois-mâts reconstruit en Irlande et bâti originalement dans l’estuaire de la rivière Saint-Charles, un navire qui avait accompli 16 traversées vers l’Amérique et permis l’immigration de 2500 Irlandais, sans perte de vie. Sa réplique est venue à Québec en 2003.
En 2008, les deux trois-mâts payés par les Québécois seront quant à eux amarrés au quai de notre imaginaire et brilleront par leur absence à côté des bateaux du patrimoine des autres, conviés par le 400e. Car pour ces Fêtes, le comité organisateur a préféré faire abstraction de notre propre patrimoine vivant… Il a peut-être tout bonnement oublié l’origine même de la fête, la venue de Champlain qui se transforme en une avenue Champlain.
Un héritage hors du commun
Pour mémoire, la colonie fondée par Samuel de Champlain a vu le jour grâce aux traversées de navigateurs chevronnés. Notre population, issue majoritairement de grandes nations maritimes, est arrivée par bateau, ou a habité le territoire grâce à eux. Entre 1787 et 1896, nos ancêtres ont livré à l’Angleterre une grande part de sa flotte : seulement à Québec, ils ont construit 2123 navires de plus de 100 tonneaux, et ce nombre ne comprend pas les navires de moindre tonnage qui composaient la batellerie de pêche et de cabotage, dont font partie nos goélettes. Le commerce fut développé en empruntant le réseau fluvial et les routes séculaires des Amérindiens, au moyen des canots d’écorce et des rabaskas. Grâce aux chantiers navals et à l’importante activité portuaire qui en a découlé, Québec a connu une tradition d’excellence chez les constructeurs et chez les navigateurs qui a suscité le respect des autres nations. Voilà de quoi inspirer un peuple et inciter à l’admiration de cet héritage hors du commun !
Pour ajouter au portrait souvenir, le comité du 400e a trouvé pertinent, après avoir favorisé les projets qui profitaient d’un lobby plus fructueux, de refuser le financement au voyage commémoratif «Sur les traces de Champlain» proposé par Goélette Grosse-Île. En 2007 jusqu’en 2008, avec de jeunes Québécois à son bord, la dernière goélette du Saint-Laurent aurait accompli deux traversées de l’Atlantique pour faire la promotion du 400e en Europe et sur la côte est Américaine. L’aventure humaine d’une durée d’un an, diffusée par le canal Historia et sur Internet, aurait donné toute une âme à nos festivités.
Sabordé en même temps que le budget de promotion à l’étranger — réaffecté au championnat mondial de hockey junior —, le projet des traversées à voiles offrait pourtant une visibilité exceptionnelle aux célébrations malgré les coupes budgétaires imposées. À quelques mois de l’apogée des festivités, l’ancien président et directeur général du 400e s’acquittera lui-même de cette promotion internationale, sans budget et avec peu de choses à vendre qui ait à voir avec la fondation de Québec.
Un navire pour les Québécois au 400e
Pour une infime fraction des montants investis pour les navires classés, les Québécois méritent qu’on leur offre pour leur 400e la seule goélette à voiles authentique du Saint-Laurent, leur donnant accès à un patrimoine vivant, maintenant unique, relié à leurs traditions maritimes.
En ligne directe avec le questionnement du livre vert «Un regard neuf sur le patrimoine culturel» et avec ce que valorise le MCCCF au plan de la mise en valeur du patrimoine maritime, la remise à flot de la goélette Grosse-Île représente une synthèse très actuelle de ces cultures matérielles et immatérielles qui ont façonné nos sociétés, et que défendent les organisations internationales tels l’Unesco. Le navire patrimonial est appelé à constituer un élément important à l’actif du paysage maritime québécois dans les prochaines années.
À contre-courant des 25 M$ en subventions n’ayant donné aucun résultat, la restauration de la Grosse-Île, initiée et réalisée par le privé, est dûment complétée malgré qu’elle ait été boudée par le ministère de la Culture (voir le site) et par Patrimoine Canada. À quelques mois des festivités, il ne faudrait que la volonté de quelques-uns pour armer le navire afin qu’il soit au rendez-vous de ces célébrations historiques. Construite à l’île d’Orléans et restaurée par un charpentier de marine d’exception de l’île aux Coudres, Paul Mailloux, la Grosse-Île appartient à notre histoire collective. Aujourd’hui, elle est la dernière chance offerte aux Québécois de revivre ici même, avec un de leurs navires, l’aventure quotidienne de leurs ancêtres sur le fleuve.
La goélette Grosse-Île est prête à être certifiée par Transports Canada et n’attend qu’un geste, un soutien décisif pour parachever sans risque une réalisation dont l’excellence est reconnue des experts maritimes, ici et en Europe. Il est encore temps d’arborer une réussite exemplaire réalisée par des gens de chez nous, un leg inestimable pour les générations actuelles et futures.
Par Didier Épars
Cosignataires :
Anne Guérette, architecte et présidente-fondatrice de Coalition Héritage Québec
Yvon Beaulieu, capitaine, ex-capitaine de la Marie-Clarisse
Luc Archambault, peintre, sculpteur et céramiste
Anne-Marie Berthiaume, graphiste
Après avoir engendré la plus grande concentration de chantiers navals au monde, Québec accueillera en 2008 deux trois-mâts construits dans le plus grand secret et à même nos impôts, le Fantôme et l’Invisible. Mais au risque de décevoir ceux qui voudraient voir ces grands voiliers, ils n’existent pas.
Les gouvernements québécois et canadien ont dépensé plus de 25 M$ en 25 ans au Québec dans des projets de construction ou de réfection de bateaux, soit plus que la valeur de ces deux trois-mâts, sans livrer un seul navire aux Québécois sur lequel ils puissent embarquer, naviguer ou courser lors des célébrations du 400e. On est loin des accomplissements de nos ancêtres, parmi les plus importants constructeurs de navires au monde au 19e siècle !
Les gouvernements ont englouti l’équivalent de deux Jeanie Johnston, un trois-mâts reconstruit en Irlande et bâti originalement dans l’estuaire de la rivière Saint-Charles, un navire qui avait accompli 16 traversées vers l’Amérique et permis l’immigration de 2500 Irlandais, sans perte de vie. Sa réplique est venue à Québec en 2003.
En 2008, les deux trois-mâts payés par les Québécois seront quant à eux amarrés au quai de notre imaginaire et brilleront par leur absence à côté des bateaux du patrimoine des autres, conviés par le 400e. Car pour ces Fêtes, le comité organisateur a préféré faire abstraction de notre propre patrimoine vivant… Il a peut-être tout bonnement oublié l’origine même de la fête, la venue de Champlain qui se transforme en une avenue Champlain.
Un héritage hors du commun
Pour mémoire, la colonie fondée par Samuel de Champlain a vu le jour grâce aux traversées de navigateurs chevronnés. Notre population, issue majoritairement de grandes nations maritimes, est arrivée par bateau, ou a habité le territoire grâce à eux. Entre 1787 et 1896, nos ancêtres ont livré à l’Angleterre une grande part de sa flotte : seulement à Québec, ils ont construit 2123 navires de plus de 100 tonneaux, et ce nombre ne comprend pas les navires de moindre tonnage qui composaient la batellerie de pêche et de cabotage, dont font partie nos goélettes. Le commerce fut développé en empruntant le réseau fluvial et les routes séculaires des Amérindiens, au moyen des canots d’écorce et des rabaskas. Grâce aux chantiers navals et à l’importante activité portuaire qui en a découlé, Québec a connu une tradition d’excellence chez les constructeurs et chez les navigateurs qui a suscité le respect des autres nations. Voilà de quoi inspirer un peuple et inciter à l’admiration de cet héritage hors du commun !
Pour ajouter au portrait souvenir, le comité du 400e a trouvé pertinent, après avoir favorisé les projets qui profitaient d’un lobby plus fructueux, de refuser le financement au voyage commémoratif «Sur les traces de Champlain» proposé par Goélette Grosse-Île. En 2007 jusqu’en 2008, avec de jeunes Québécois à son bord, la dernière goélette du Saint-Laurent aurait accompli deux traversées de l’Atlantique pour faire la promotion du 400e en Europe et sur la côte est Américaine. L’aventure humaine d’une durée d’un an, diffusée par le canal Historia et sur Internet, aurait donné toute une âme à nos festivités.
Sabordé en même temps que le budget de promotion à l’étranger — réaffecté au championnat mondial de hockey junior —, le projet des traversées à voiles offrait pourtant une visibilité exceptionnelle aux célébrations malgré les coupes budgétaires imposées. À quelques mois de l’apogée des festivités, l’ancien président et directeur général du 400e s’acquittera lui-même de cette promotion internationale, sans budget et avec peu de choses à vendre qui ait à voir avec la fondation de Québec.
Un navire pour les Québécois au 400e
Pour une infime fraction des montants investis pour les navires classés, les Québécois méritent qu’on leur offre pour leur 400e la seule goélette à voiles authentique du Saint-Laurent, leur donnant accès à un patrimoine vivant, maintenant unique, relié à leurs traditions maritimes.
En ligne directe avec le questionnement du livre vert «Un regard neuf sur le patrimoine culturel» et avec ce que valorise le MCCCF au plan de la mise en valeur du patrimoine maritime, la remise à flot de la goélette Grosse-Île représente une synthèse très actuelle de ces cultures matérielles et immatérielles qui ont façonné nos sociétés, et que défendent les organisations internationales tels l’Unesco. Le navire patrimonial est appelé à constituer un élément important à l’actif du paysage maritime québécois dans les prochaines années.
À contre-courant des 25 M$ en subventions n’ayant donné aucun résultat, la restauration de la Grosse-Île, initiée et réalisée par le privé, est dûment complétée malgré qu’elle ait été boudée par le ministère de la Culture (voir le site
La goélette Grosse-Île est prête à être certifiée par Transports Canada et n’attend qu’un geste, un soutien décisif pour parachever sans risque une réalisation dont l’excellence est reconnue des experts maritimes, ici et en Europe. Il est encore temps d’arborer une réussite exemplaire réalisée par des gens de chez nous, un leg inestimable pour les générations actuelles et futures.
vendredi 12 octobre 2007
De caboteur à voilier de tourisme, changer de vocation pour ne pas mourir
La goélette Grosse-Île, comme tous les bateaux en bois de + 50 ans d'âge, s'est retrouvée à la croisée des chemins. Elle n'est pas différente de tous les autres navires, le temps et la technologie l'ont rattrapée et même dépassée. Les beaux jours des voitures d'eau de Monsieur Perrault s'en sont allées au gré du fleuve, perdus dans les brumes de l'estuaire du Saint-Laurent. Goélette Grosse-Île décide de défier le temps et de redonner une seconde vie à cette voiture d'eau. Il n'en reste plus de goélette ‘trader’. Celle-là a été construite en 1951, sur un plan de forme hérité des goélettes de commerce motorisées vers 1930. Une époque où elles n'avaient pas encore abandonné la propulsion à voile par manque de fiabilité des moteurs. La Grosse-Île peut donc être gréée et exploitée comme voilier. Il n'y a plus de marchandise pour le cabotage, mais l'émergence d'une nouvelle activité, le tourisme nautique, va lui permettre de renaître. Certes, pas tout à fait comme avant. On lui fabrique un grand mât qu'elle n'a jamais eu. On met des voiles sur son mât avant, mât qui avait changé de nom en changeant de vocation, il était passé de mât de misaine à mât de charge. Elle hérite également d'un beaupré afin de ressembler à ces goélettes de commerce qui labouraient si bien le golfe. Sa cale rustique se change en salon. Il y a des marchandises auxquelles l'on doit plus d'égard que d'autres. De goélette à voiture d'eau, de voiture d'eau à goélette, la boucle est bouclée. Elle n'avait de goélette plus que le nom, la voilà goélette à part entière. De rustre à racée, de travail à plaisir, beau compromis pour ne pas mourir!
Inscription à :
Articles (Atom)



