vendredi 12 octobre 2007
De caboteur à voilier de tourisme, changer de vocation pour ne pas mourir
La goélette Grosse-Île, comme tous les bateaux en bois de + 50 ans d'âge, s'est retrouvée à la croisée des chemins. Elle n'est pas différente de tous les autres navires, le temps et la technologie l'ont rattrapée et même dépassée. Les beaux jours des voitures d'eau de Monsieur Perrault s'en sont allées au gré du fleuve, perdus dans les brumes de l'estuaire du Saint-Laurent. Goélette Grosse-Île décide de défier le temps et de redonner une seconde vie à cette voiture d'eau. Il n'en reste plus de goélette ‘trader’. Celle-là a été construite en 1951, sur un plan de forme hérité des goélettes de commerce motorisées vers 1930. Une époque où elles n'avaient pas encore abandonné la propulsion à voile par manque de fiabilité des moteurs. La Grosse-Île peut donc être gréée et exploitée comme voilier. Il n'y a plus de marchandise pour le cabotage, mais l'émergence d'une nouvelle activité, le tourisme nautique, va lui permettre de renaître. Certes, pas tout à fait comme avant. On lui fabrique un grand mât qu'elle n'a jamais eu. On met des voiles sur son mât avant, mât qui avait changé de nom en changeant de vocation, il était passé de mât de misaine à mât de charge. Elle hérite également d'un beaupré afin de ressembler à ces goélettes de commerce qui labouraient si bien le golfe. Sa cale rustique se change en salon. Il y a des marchandises auxquelles l'on doit plus d'égard que d'autres. De goélette à voiture d'eau, de voiture d'eau à goélette, la boucle est bouclée. Elle n'avait de goélette plus que le nom, la voilà goélette à part entière. De rustre à racée, de travail à plaisir, beau compromis pour ne pas mourir!
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